Village de TANVI : le blog

JE MARCHE DANS OUAGA

… je croise des centaines d'hommes de femmes et d'enfants qui s'activent infatigablement juste pour pouvoir survivre.
Je n'ai jamais entendu une plainte, j'ai rencontré des sourires, de l'humour, le plaisir de la tchatche, une insatiable envie d'apprendre et d'échanger. Bain quotidien de vitalité et de courage, les burkinabés me rappellent ce qui est essentiel, mes soucis parisiens deviennent absurdes. Paris se chargera de me rendre le poids des milliers d'objets dont on s'encombre, je reprendrai mes mauvaises habitudes.
Pas trop vite j'espère.

Par Nicole JAMET.

CONSEIL PRATIQUE N°9

...

Par Jérémie KAMINKA.

ANACHRONISMES?

En plein conseil sous l'arbre à palabres dans ce village qui semble n'avoir pas bougé depuis la nuit des temps, un portable sonne.
Le chef en grand boubou, sceptre en main, enfourche sa mobylette.
Dernières salutations d'aurevoir, un villageois me demande mon adresse mail.
Anachronismes? Non, c'est le cours normal des choses pour les Burkinabés qui bougent, s'adaptent.

Par Nicole JAMET.

CONSEIL PRATIQUE N°8

SI vous êtes chargé d'écrire des textes pour le blog de l'association, je ne saurais trop vous déconseiller de sortir faire la fête la veille jusqu'à 5h du matin en compagnie des autochtones... Pire que l'angoisse de la page blanche, il y a la migraine de l'écran d'ordinateur.

Par Jéréme KAMINKA

MAIMOUNA

Maimouna, présidente du comité de gestion du moulin à mil de Tanvi, présente son cahier de comptes à Mariette, notre trésorière.
Elle découvre des comptes parfaitement tenus et excédentaires. Le chef envoie quelqu'un chercher le cahier, "Qu'il attende, on n'a pas fini!" se contente-t-elle de dire. Puis elle se tourne vers nous, contrariée, "le moulin est une affaire de femmes, et les affaires de femmes sont des affaires de femmes". Après avoir fait patienter le chef un temps qui lui semble raisonnable, elle accepte de lui faire passer le cahier. Maimouna a du caractère, la cause des femmes est entre de bonnes mains.

Par Nicole JAMET.

CONSEIL PRATIQUE N°7

Nous rappelons que le kidnapping est toujours un délit grave, et qu’aussi « chou » que soient les petits Burkinabés, il est toujours interdit de les rapatrier dans son pays d’origine…



Par Jérémie KAMINKA.
Photo: Mathias COULOMB.

LE REGARD D'UN ENFANT...

J'ai fort envie de découvrir la femme burkinabé.
Elle est pleine de dignité, de réserve et de pudeur. Ici, comme partout dans le monde, la musique et la danse font des miracles. Nous dansons ensemble. Des liens se tissent. On rit… L'une d'elles me tend son bébé. Il me regarde et se met à pleurer. Et oui, Catherine, tu lui fais peur parce que tu es blanche. Belle leçon! Je prends "une claque".



Pourtant, petit à petit, je sens qu'il a moins peur. Son sourire pointe. En riant, la maman pose l'enfant sur mon dos et l'enroule dans un grand tissu qu'elle noue sur mon ventre comme le font les femmes africaines. Je continue à danser avec ce bébé dans mon dos qui peu à peu se calme et s'endort.



Un pur instant de bonheur!

Par Catherine BRACQ.
Photos: Mathias COULOMB.

CONSEIL PRATIQUE N°6

Au début de chaque entrevue avec un chef de village, le Zomkoom, eau de mil traditionnelle de bienvenue (sans colorants ni conservateurs), passera de mains en mains.
Il est fortement déconseillé de refuser d’en boire au moins une gorgée, de vider seul toute la calebasse ou, bien évidemment, de s’en servir comme rince-doigts. Contenant du beurre de karité, le Zomkoom traitera efficacement les lèvres gercées et pourra aussi, pour les plus coquettes, faire office de gloss.

Par Jérémie KAMINKA.

LA DOUBLE VIE DE MODESTE YAMEOGO

Modeste Yaméogo est le très respecté chef traditionnel de Koudougou sous le nom de Naaba Saaga 1er, il est également directeur de la communication et des relations publiques de l'UNICEF Burkina Faso.
Deux fonctions, l'une au cœur de la modernité, l'autre ancrée dans la tradition Mossi. New York, Paris, Genève, il sillonne le monde pour oeuvrer à ce qui lui tient le plus à cœur: la défense et le bien-être des femmes et des enfants d'Afrique.



Mais ses week ends appartiennent en priorité à son village d'Issouka où, en tenue traditionnelle, il écoute les doléances de ses sujets, arbitre les conflits entre villageois et travaille au développement de la province sur laquelle il règne.



Costume trois pièce, polo décontracté ou boubou traditionnel, sa passion d'aider les autres est la même. Parfois quelques instants de gravité trahissent le poids de ses deux lourdes charges, mais très vite, son rire explosif, son enthousiasme et son humour nous rendent l'ami très cher qu'il sait être.



Par Nicole JAMET.
Photo: Nicole JAMET; Mathias COULOMB.

CONSEIL PRATIQUE N°5

Dans chaque pays, il est des mots qui font office de « sésame » et vous ouvrent les cœurs des populations autochtones.
Le mot « football » ainsi que tout le champ lexical correspondant suscitera à coup sûr l’intérêt de votre interlocuteur. Offrez un ballon, des maillots, vous serez applaudi. Jouez vingt minutes, et vous deviendrez une célébrité locale!

Par Jérémie KAMINKA