Lorsque nous avons évoqué les problèmes liés à l’enseignement des enfants à Tanvi, nous avons demandé quelle était la différence entre les deux systèmes éducatifs présents au village.

Le système éducation nationale emploie des instituteurs payés par le gouvernement et logés sur place. Les élèves sont accueillis à partir de 6 ou 7 ans et sont officiellement 75 par classe mais en réalité ils sont plus proches de 150. Le français y est introduit dès la première année et les mères préfèrent en majorité cette option.

Le système OSEO (oeuvre suisse d’entraide ouvrière) comble un vide éducatif : les centres d’alphabétisation s’adressent à une population à partir de 15 ans. (Un centre de ce type existe à Tanvi). De 9 à 14 ans OSEO prend en charge des enfants non scolarisés. C’est ce que fait bénévolement notre amie Salima qui est en outre la secrétaire du moulin à mil. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture se fait d’abord en langue locale, ici le moré puis le français est introduit progressivement.

Le gros problème, pour cette population à très faible revenu, est le coût des fournitures et de la cantine. Nous avons bien précisé que l’association ne pouvait pas prendre cela en charge mais que, en revanche, le projet de la maison des femmes lorsqu’il serait mis en place, permettrait à celles-ci d’avoir un revenu complémentaire qui pourrait servir à cela.

Nous avons appris que chaque enfant ne pouvait pas avoir l’ensemble des livres nécessaires à la classe et se les passaient comme ils pouvaient de l’un à l’autre. L’idée a été émise de prévoir dans le premier module de la maison des femmes une petite bibliothèque de livres scolaires consultables sur place.

L’association rappelle qu’une école-satellite de 3 classes fait partie des projets et que nous avons d’ores et déjà la promesse de l’UNICEF de fournir le matériel scolaire et pédagogique. En outre, le maire de Koubri, donc le gouvernement, s’est engagé à nommer les enseignants pour ces classes.