Village de TANVI : le blog

NOTRE DERNIER VOYAGE - Etat des lieux

Nous étions partis à trois : Jean-Claude, fidèle ami de Tanvi ; un petit nouveau, Victor, calme, attentif, réfléchi mais enthousiaste ; et votre dévoué serviteur.

Le séjour au village fut, comme toujours, chargé d'attentes, d'écoutes, de divergences, d'ententes et de sourires. Pas toujours d'accord avec le chef ou le comité des sages sur les manières de faire, mais toujours dans la bonne humeur et le rire des enfants. Il faisait très chaud et calme. L'harmattan avait arrêté de souffler, le ciel commençait à changer de couleur dans des tons plus grisés, les oiseaux beaucoup plus bavards étaient très occupés à trouver un gîte pour pérenniser leur descendance. L'eau des retenues devenait déjà presque un souvenir. Vivement que la saison des pluies arrive. Elle devrait être en avance cette année, d'après les cultivateurs, fin avril sans doute. Ce serait formidable car les habitants de Tanvi pourraient peut-être faire deux récoltes de mil.


Le moulin à mil, avec ses nouvelles meules tourne à plein régime. Le comité de gestion du moulin est ravi. Après contrôle des comptes, ils ont réussi à mettre de côté près de 300 000 F CFA (450 €) et déposer sur la case santé plus de 60 000 F CFA (100 €). C'est sans doute la première fois qu'un moulin tourne ainsi depuis bientôt 4 ans parmi tous les villages du Burkina, en épargnant et en assurant l'entretien du moulin et du changement des pièces s'il y a lieu.

Pour l'eau idem : la pompe actuelle est entretenue et 90 000 F CFA (140€) ont été épargnés.

NOTRE DERNIER VOYAGE - Les avancées


Nous avions plusieurs objectifs à mettre en place lors de ce voyage :

Établir le réseau d'eau: Nous avons choisi un type de pompe ayant un potentiel de débit entre 10 à 15 m3 à l’heure, afin de pouvoir stocker suffisamment d’eau durant les six heures d'ensoleillement où la pompe a son rendement maximum (soit 72 m3 en moyenne). Une fois le choix fixé, il restait à la commander et à la mettre en place, ainsi que les bassins d'irrigations et leur mise en eau. Enfin, il fallait construire la borne-fontaine pour l'alimentation en eau potable pour le village. Coût total de cette opération : 4 000 000 F CFA (6 000 €)

Commander la construction du château d'eau : C'est chose faite. Le château d’eau est tout en structure métallique. Il se dressera à 5m de hauteur. Son coût de construction, installation comprise : 3 500 000 F CFA (5 300 €)

Faire partir les premières cultures, pour cela il fallait : Nous devions semer et mettre en pépinière 6 000 épineux pour planter la haie vive tout autour de la clôture de la première parcelle à exploiter. Le repiquage des plants aura lieu aux premières pluies (début mai), tous les 20 cm le long de la clôture. Nous avons fait nettoyer le sol et arracher les grosses souches. Nous l’avons fait enrichir de compost naturel (20 m3). Il sera labouré juste après les premières pluies. Les premières semences, des haricots Niebe sont en cours de préparation. Par leur système foliaire développé, cette plante empêche le lessivage du sol du aux pluies intenses de juillet et août. Cette variété de haricot a la particularité de bien se conserver et de permettre un apport vitaminique important.

Une fois ces premières cultures mises en place, nous procéderons à la plantation de manguiers greffés et de papayers.

Il faut que les travaux d'irrigations soient terminés à la fin de la saison des pluies, soit au 15 septembre afin que le forage prenne le relais. Il nous manque encore 4000 euros pour boucler ce budget. Nous sommes en quête da la moindre rentrée d’argent. Nous avons d'ailleurs ramené de nouveaux objets pour une vente d'été qui aura lieu la dernière semaine de mai, juste avant la fête des mères (une semaine avant sans doute). Nous vous tiendrons au courant en temps utiles de la date et du lieu de cette manifestation.

Je vous laisse imaginer les nombreux échanges que nous avons eus avec le comité des sages, le chef Naaba et les intéressés. Après moult réunions, à la température extérieure de plus de 43° à l’ombre de l'arbre à palabre, nous sommes arrivés à une décision commune. Les travaux ont ainsi été lancés, et leur financement, déjà largement couvert, doit être bouclé dans les semaines qui viennent.

L'association au Burkina En parallèle, la recherche du bureau dans Ouagadougou nous a bien occupés. Nous avons trouvé un local idéal. Il est situé à proximité d'une voie de sortie goudronnée, en direction de Tanvi. Tout neuf, il est adossé à un petit appartement où vivront Salam, sa femme et son enfant. Le bureau dispose d’une cour intérieure où Salam pourra garer notre véhicule, et d’une petite terrasse. Le sol était bétonné et poussiéreux, nous l'avons fait carreler en "carreaux cassé" et nous avons planté un arbre, un manguier. Une table bureau, sur les dessins de Jean-Luc, a été commandée au serrurier. Salam prend son rôle de secrétaire très au sérieux. Il a une foule de petites choses à régler : raccordement du téléphone, branchement de l'eau et de l'électricité, équipement en matériel de papeterie, nettoyage à fond des locaux. Le prix de location est bien sûr conforme à l'estimation budgétaire de 2010.

Le bureau coûte pour l'année : 720 000 F CFA Le salaire de Salam : 480 000 Les charges (Tel/ Elec / Eau/ Fourn/ Entretien) 360 000 ___

TOTAL ANNUEL 1 560 000 F CFA (soit 2 200 €)




NOTRE DERNIER VOYAGE - Des nouvelles de notre 4x4 et de la culture burkinabé

Enfin, nous avons rencontré le secrétaire général du ministère responsable des ONG ayant une domiciliation juridique au Burkina (tel est notre cas, au même titre que 684 autres associations). Il nous a confirmé la possibilité de mise à disposition de notre véhicule à d'autres ONG, Salam étant conducteur exclusif. Cette mise à disposition devrait générer une location de minimum 100 jours par an au tarif journalier de 40 000 F CFA, soit un montant à l'année de 4 millions de F CFA. Si nous retirons pour l'entretien du véhicule 1,6 millions de F CFA, il nous resterait 2,4 millions F CFA (soit 3 600 €). Ce montant permettra de couvrir les salaires de Salam, de Martin et des jardiniers, ainsi que la location du bureau. Ce serait idéal ! Reste bien sûr à récupérer le 4X4 qui se trouve actuellement au Sénégal. Nous attendons un bateau de la Marine qui devrait nous l'amener à Lomé. Ces autorités nous ont promis que cela ne devrait point tarder. L'espoir fait vivre…


Durant ce voyage, nous n’avons pas eu beaucoup de temps à consacrer aux distractions. Nous avons tout de même effectué une visite passionnante au symposium de sculpture. C’est un lieu ouvert, une sorte de parc où chaque année, des sculpteurs du monde entier viennent durant un mois, sculpter à même d'énormes blocs de granit des œuvres qu’ils laissent ensuite sur place. Ce projet a pris naissance en 1989 (vingt ans déjà !). Aujourd'hui, plus de 370 pièces sont présentes dans ce lieu "étrange et pénétrant ».


Voilà où nous en sommes.

Nous avons encore besoin de vous, pour poursuivre ces travaux qui, jusqu'à ce jour, ont permis aux villageois non seulement de vivre dans de meilleures conditions, mais surtout de montrer leur capacité d’investissement personnel et de gestion autonome.

N'hésitez pas à parler de Tanvi à vos amis, vos proches. Nous sommes 80 à avoir renouvelé notre cotisation. Si chacun de nous trouve trois nouveaux membres, cela fera 240 nouveaux adhérents, soit 10 000 euros de revenus. Le financement des cultures serait ainsi terminé. Allez, faites un effort ! 3 nouveaux adhérents par membre actifs, après tout, cela ne semble pas insurmontable…

Merci encore à vous toutes et tous qui permettez à notre association d'exister et de travailler au mieux-être des habitants de Tanvi.

A l’occasion du prochain voyage, venez par vous même vous rendre compte de ce qu’est ce pays, de ce que sont ce village et ses habitants, et de l’action à laquelle vous avez contribué de loin.

Vous verrez : c'est assez exaltant de savoir que l'on peut rendre autonome plus de deux mille personnes d'un village du Burkina Faso en Afrique.

Venez avec nous. Vous ne le regretterez pas….

Encore merci.

Pierre-Jean REY