Nous étions partis à trois : Jean-Claude, fidèle ami de Tanvi ; un petit nouveau, Victor, calme, attentif, réfléchi mais enthousiaste ; et votre dévoué serviteur.

Le séjour au village fut, comme toujours, chargé d'attentes, d'écoutes, de divergences, d'ententes et de sourires. Pas toujours d'accord avec le chef ou le comité des sages sur les manières de faire, mais toujours dans la bonne humeur et le rire des enfants. Il faisait très chaud et calme. L'harmattan avait arrêté de souffler, le ciel commençait à changer de couleur dans des tons plus grisés, les oiseaux beaucoup plus bavards étaient très occupés à trouver un gîte pour pérenniser leur descendance. L'eau des retenues devenait déjà presque un souvenir. Vivement que la saison des pluies arrive. Elle devrait être en avance cette année, d'après les cultivateurs, fin avril sans doute. Ce serait formidable car les habitants de Tanvi pourraient peut-être faire deux récoltes de mil.


Le moulin à mil, avec ses nouvelles meules tourne à plein régime. Le comité de gestion du moulin est ravi. Après contrôle des comptes, ils ont réussi à mettre de côté près de 300 000 F CFA (450 €) et déposer sur la case santé plus de 60 000 F CFA (100 €). C'est sans doute la première fois qu'un moulin tourne ainsi depuis bientôt 4 ans parmi tous les villages du Burkina, en épargnant et en assurant l'entretien du moulin et du changement des pièces s'il y a lieu.

Pour l'eau idem : la pompe actuelle est entretenue et 90 000 F CFA (140€) ont été épargnés.