L'objectif de notre dernier voyage était, avant tout, de terminer la mise en place de l'irrigation avant l'arrêt des pluies d'hivernage, début septembre. Rappelez-vous : le forage, effectué grâce à vos dons le 3 janvier 2009, présente des caractéristiques de débit exceptionnel (30 m3 à l'heure). Nous avons donc décidé de mettre en place un programme de cultures vivrières afin d'apporter aux enfants les compléments nutritionnels nécessaires à un développement harmonieux. Après plusieurs réunions, décision fut prise, avec la communauté villageoise, d'y consacrer 5 ha. Nous avons partagé cette surface en à trois parcelles. La première (1,5 ha) a été clôturée et nous y avons fait construire un abri pour le gardien. Nous avons acheté les outils nécessaires, ainsi qu'un âne pour le transport et un bœuf pour les labours. Nous avons également engagé deux jardiniers, après avoir financé leur formation aux techniques de l'agriculture raisonnée. Ils se sont rapidement mis au travail : le terrain a été dépierré, les souches inutiles arrachées, le terrain la bouré... Dans le respect des apports de compost et de traitements naturels des végétaux, une haie vive a été plantée tout le long de la clôture : 6000 plants élevés en pépinière ont ainsi été transplantés. Côté irrigation, la pompe à main a été remplacée par une pompe solaire permettant un débit de 5 m3 à l'heure et les panneaux d'alimentation sont en place. Un château d'eau et des bassins de rétention ont été construits (ces derniers travaux ayant été terminés après notre retour, nous ne disposons pas encore de photos). Le terrain agricole dispose ainsi d'une réserve d'eau de 30 m3 pour l'arrosage de nos plantations, qui viennent de commencer. Nous avons choisi de semer des haricots du Niébé. Grâce à son système foliaire très développé, cette plante protège la terre contre les pluies d'hivernage. Les graines qu'elle produit ont une densité nutritionnelle exceptionnelle. Après la récolte (en octobre), l'enfouissement des feuilles dans le sol assure un apport azoté naturel qui enrichit l'humus en vue des saisons suivantes. Cette installation n'a pas privé les femmes de leur accès à l'eau : nous avons fait installer une borne fontaine où elles peuvent, comme à l'accoutumée, venir remplir leurs bidons d'eau potable.