Je savais.
J'avais suivi l'évolution du projet de forage, l'installation de la pompe, l'extraordinaire débit de l'eau, bien supérieur à ce que nous attendions. Et pourtant, lorsqu'après quelques centaines de mètres dans la brousse, au détour d'un arbre à karité, j'aperçois le lieu de l'eau, une boule remonte dans ma gorge. J'ai les larmes aux yeux.



Un groupe de femmes bavarde en riant autour de la pompe. L'une d'elles, vêtue de rose vif, actionne avec vigueur le grand levier pour faire couler le liquide cristallin dans les bidons de plastique jaune.



Mon émotion me coupe les jambes. C'est de la vie qui s'écoule sous mes yeux. De la vie et de la joie.


Par Marie BORREL.
Photos: Mathias COULOMB; Christine BOURGOIS; Pierre jean REY