Village de TANVI : le blog

REGARDS

















Photos: Pierre Jean REY.

LES POULETS

Les palabres se terminent sur des plaisanteries entre Martin, notre responsable sur place, et les villageois à propos des futurs championnats de football Tanvi-Koubri. Le chef, au nom de tout le village, souhaite alors nous offrir un cadeau.
On nous apporte cinq poulets, liés par les pattes, la tête en bas. "Mais ils sont vivants!" s'exclame Catherine qui les imaginait plumés et sous cellophane.



Nous les chargeons dans le coffre, embarrasés de devoir les ramener à l'hôtel, mais fiers de ce don, une vraie fortune pour eux.

Par Michéle GIACOBAZZI et Catherine BRACQ.
Photo: Mathias COULOMB.

FOUS DE FOOT

Après discussions passionnées et grands éclats de rire, le nom de l'équipe de foot de Tanvi est choisi: "Les Piments Rouges", leur emblème sera le lion, l'association s'engage absolument à ce qu'il figure sur les futurs maillots que nous rapporterons la prochaine fois (heu, à ce propos, y a-t-il un généreux donateur ou quelqu'un qui ait une combine pas chère?).
Nous avons d'ores et déjà solennellement offert un ballon de pro pour l'équipe (hurlements de joie!) et trois ballons d'entraînement pour les enfants, vu l'enthousiasme, la relève est assurée!





Par Nicole JAMET.
Photos: Mathias COULOMB.

JE MARCHE DANS OUAGA

… je croise des centaines d'hommes de femmes et d'enfants qui s'activent infatigablement juste pour pouvoir survivre.
Je n'ai jamais entendu une plainte, j'ai rencontré des sourires, de l'humour, le plaisir de la tchatche, une insatiable envie d'apprendre et d'échanger. Bain quotidien de vitalité et de courage, les burkinabés me rappellent ce qui est essentiel, mes soucis parisiens deviennent absurdes. Paris se chargera de me rendre le poids des milliers d'objets dont on s'encombre, je reprendrai mes mauvaises habitudes.
Pas trop vite j'espère.

Par Nicole JAMET.

ANACHRONISMES?

En plein conseil sous l'arbre à palabres dans ce village qui semble n'avoir pas bougé depuis la nuit des temps, un portable sonne.
Le chef en grand boubou, sceptre en main, enfourche sa mobylette.
Dernières salutations d'aurevoir, un villageois me demande mon adresse mail.
Anachronismes? Non, c'est le cours normal des choses pour les Burkinabés qui bougent, s'adaptent.

Par Nicole JAMET.

MAIMOUNA

Maimouna, présidente du comité de gestion du moulin à mil de Tanvi, présente son cahier de comptes à Mariette, notre trésorière.
Elle découvre des comptes parfaitement tenus et excédentaires. Le chef envoie quelqu'un chercher le cahier, "Qu'il attende, on n'a pas fini!" se contente-t-elle de dire. Puis elle se tourne vers nous, contrariée, "le moulin est une affaire de femmes, et les affaires de femmes sont des affaires de femmes". Après avoir fait patienter le chef un temps qui lui semble raisonnable, elle accepte de lui faire passer le cahier. Maimouna a du caractère, la cause des femmes est entre de bonnes mains.

Par Nicole JAMET.

LE REGARD D'UN ENFANT...

J'ai fort envie de découvrir la femme burkinabé.
Elle est pleine de dignité, de réserve et de pudeur. Ici, comme partout dans le monde, la musique et la danse font des miracles. Nous dansons ensemble. Des liens se tissent. On rit… L'une d'elles me tend son bébé. Il me regarde et se met à pleurer. Et oui, Catherine, tu lui fais peur parce que tu es blanche. Belle leçon! Je prends "une claque".



Pourtant, petit à petit, je sens qu'il a moins peur. Son sourire pointe. En riant, la maman pose l'enfant sur mon dos et l'enroule dans un grand tissu qu'elle noue sur mon ventre comme le font les femmes africaines. Je continue à danser avec ce bébé dans mon dos qui peu à peu se calme et s'endort.



Un pur instant de bonheur!

Par Catherine BRACQ.
Photos: Mathias COULOMB.

LA DOUBLE VIE DE MODESTE YAMEOGO

Modeste Yaméogo est le très respecté chef traditionnel de Koudougou sous le nom de Naaba Saaga 1er, il est également directeur de la communication et des relations publiques de l'UNICEF Burkina Faso.
Deux fonctions, l'une au cœur de la modernité, l'autre ancrée dans la tradition Mossi. New York, Paris, Genève, il sillonne le monde pour oeuvrer à ce qui lui tient le plus à cœur: la défense et le bien-être des femmes et des enfants d'Afrique.



Mais ses week ends appartiennent en priorité à son village d'Issouka où, en tenue traditionnelle, il écoute les doléances de ses sujets, arbitre les conflits entre villageois et travaille au développement de la province sur laquelle il règne.



Costume trois pièce, polo décontracté ou boubou traditionnel, sa passion d'aider les autres est la même. Parfois quelques instants de gravité trahissent le poids de ses deux lourdes charges, mais très vite, son rire explosif, son enthousiasme et son humour nous rendent l'ami très cher qu'il sait être.



Par Nicole JAMET.
Photo: Nicole JAMET; Mathias COULOMB.

LA FEMME CHEF

Ils sont plusieurs à se prosterner aux pieds du chef Naaba Saaga 1er, et parmi eux, une femme.
Grande, forte, cheveux courts, elle est agenouillée dans une attitude de profond respect, différente pourtant de celle des hommes. C'est la première femme chef de village de tout le pays.



La tradition a été bousculée, sous l'impulsion de Naaba Saaga qui a œuvré pour cette nomination. C'est un symbole fort. Il dit à toute l'assistance que quelque chose est en train de changer au cœur même de la tradition. Les femmes prennent leur place au sein du rituel et des décisions essentielles de la communauté.
Plus rien ne sera comme avant…

Par Marie BORREL.
Photo: Pierre Jean REY.

CONSEIL PRATIQUE N°2

Si les Burkinabés vous expliquent qu'ils aiment "se frotter", ne vous offusquez pas!
Ici, "se frotter" signifie avant tout se confronter, discuter, se rencontrer...
En un mot : "PARTAGER".

Par Jérémie KAMINKA.