Village de TANVI : le blog

CONSEIL PRATIQUE N°7

Nous rappelons que le kidnapping est toujours un délit grave, et qu’aussi « chou » que soient les petits Burkinabés, il est toujours interdit de les rapatrier dans son pays d’origine…



Par Jérémie KAMINKA.
Photo: Mathias COULOMB.

LE REGARD D'UN ENFANT...

J'ai fort envie de découvrir la femme burkinabé.
Elle est pleine de dignité, de réserve et de pudeur. Ici, comme partout dans le monde, la musique et la danse font des miracles. Nous dansons ensemble. Des liens se tissent. On rit… L'une d'elles me tend son bébé. Il me regarde et se met à pleurer. Et oui, Catherine, tu lui fais peur parce que tu es blanche. Belle leçon! Je prends "une claque".



Pourtant, petit à petit, je sens qu'il a moins peur. Son sourire pointe. En riant, la maman pose l'enfant sur mon dos et l'enroule dans un grand tissu qu'elle noue sur mon ventre comme le font les femmes africaines. Je continue à danser avec ce bébé dans mon dos qui peu à peu se calme et s'endort.



Un pur instant de bonheur!

Par Catherine BRACQ.
Photos: Mathias COULOMB.

CONSEIL PRATIQUE N°6

Au début de chaque entrevue avec un chef de village, le Zomkoom, eau de mil traditionnelle de bienvenue (sans colorants ni conservateurs), passera de mains en mains.
Il est fortement déconseillé de refuser d’en boire au moins une gorgée, de vider seul toute la calebasse ou, bien évidemment, de s’en servir comme rince-doigts. Contenant du beurre de karité, le Zomkoom traitera efficacement les lèvres gercées et pourra aussi, pour les plus coquettes, faire office de gloss.

Par Jérémie KAMINKA.

LA DOUBLE VIE DE MODESTE YAMEOGO

Modeste Yaméogo est le très respecté chef traditionnel de Koudougou sous le nom de Naaba Saaga 1er, il est également directeur de la communication et des relations publiques de l'UNICEF Burkina Faso.
Deux fonctions, l'une au cœur de la modernité, l'autre ancrée dans la tradition Mossi. New York, Paris, Genève, il sillonne le monde pour oeuvrer à ce qui lui tient le plus à cœur: la défense et le bien-être des femmes et des enfants d'Afrique.



Mais ses week ends appartiennent en priorité à son village d'Issouka où, en tenue traditionnelle, il écoute les doléances de ses sujets, arbitre les conflits entre villageois et travaille au développement de la province sur laquelle il règne.



Costume trois pièce, polo décontracté ou boubou traditionnel, sa passion d'aider les autres est la même. Parfois quelques instants de gravité trahissent le poids de ses deux lourdes charges, mais très vite, son rire explosif, son enthousiasme et son humour nous rendent l'ami très cher qu'il sait être.



Par Nicole JAMET.
Photo: Nicole JAMET; Mathias COULOMB.

CONSEIL PRATIQUE N°5

Dans chaque pays, il est des mots qui font office de « sésame » et vous ouvrent les cœurs des populations autochtones.
Le mot « football » ainsi que tout le champ lexical correspondant suscitera à coup sûr l’intérêt de votre interlocuteur. Offrez un ballon, des maillots, vous serez applaudi. Jouez vingt minutes, et vous deviendrez une célébrité locale!

Par Jérémie KAMINKA

LA FEMME CHEF

Ils sont plusieurs à se prosterner aux pieds du chef Naaba Saaga 1er, et parmi eux, une femme.
Grande, forte, cheveux courts, elle est agenouillée dans une attitude de profond respect, différente pourtant de celle des hommes. C'est la première femme chef de village de tout le pays.



La tradition a été bousculée, sous l'impulsion de Naaba Saaga qui a œuvré pour cette nomination. C'est un symbole fort. Il dit à toute l'assistance que quelque chose est en train de changer au cœur même de la tradition. Les femmes prennent leur place au sein du rituel et des décisions essentielles de la communauté.
Plus rien ne sera comme avant…

Par Marie BORREL.
Photo: Pierre Jean REY.

ISSOUKA

Le Naaba, Saaga 1er, chef traditionnel de Koudougou, nous a invités au village d'Issouka où il réside.
Il nous a reçus dans la case de ses ancêtres où selon la coutume, nous lui avons remis un cadeau et une enveloppe destinée à acheter la cola et le tabac pour les anciens du village.
Après avoir salué la mère du Naaba, nous sommes invités à nous asseoir sous l'arbre à palabres face aux anciens et aux dignitaires, conseillers du Naaba. Sa majesté fait alors son entrée, escortée des chants de trois griots. Le Naaba prend place, encadré de ses gardes portant sur l'épaule les massues traditionnelles sculptées du totem de l'iguane.



Nous partageons l'eau de bienvenue après que quelques gouttes aient été versées au sol. Après les présentations d'usage, le Naaba explique ses responsabilités de chef traditionnel et répond à nos questions, puis nous sommes conviés à partager un repas, les griots n'ont pas cessé de jouer, les femmes nous convient à nous mêler à leurs danses.



Timides, nous nous dandinons maladroitement, mais la musique, les encouragements des femmes et la Brakina nous décontractent, nous nous lâchons, nos rires se mêlent, plaisir pur et partage comme nous ne l'avions jamais imaginé.



Par Nicole JAMET et Michéle GIACOBAZZI.
Photos: Mathias COULOMB; Pierre Jean REY.

CONSEIL PRATIQUE N°4

Si les enfants Burkinabés donnent envie de se faire pousser les bras pour pouvoir les serrer tous en une seule fois, nous rappelons que le kidnapping est passible d'une lourde peine de prison, et qu'il est donc fortement déconseillé de céder à la tentation, et d'essayer d'en rapatrier une bonne centaine chez soi!



Par Jérémie KAMINKA.
Photo: Mathias COULOMB.

RETOUR AU BURKINA 30 ANS PLUS TARD

Je quitte ORLY avec appréhension. Comment vais-je retrouver ce pays qui s’appelait encore la HAUTE VOLTA, où j’ai vécu et mis au monde mon fils en 1980.
Un récent séjour à DAKAR me fait craindre le pire!
Premier contact rassurant à l’aéroport; dans un cadre de béton en cours de modernisation, les images se superposent sans grand changement, température, odeurs, joyeux brouhaha, le Mossi, ethnie dominante, est intact, naturellement gentil, calme, chaleureux, aucune tension perceptible ni agressivité...
Je cherche en vain les militaires en armes que j’ai connus jadis. Les femmes toujours toutes en pagne traditionnel m’apparaissent plus présentes et à l’aise dans le dédale des formalités obligatoires et me laissent déjà présager d’une heureuse évolution de leur place dans la société, impression qui se confirmera par la suite même dans les campagnes au sein des villages.



OUAGA m’apparaît moins poussiéreuse malgré une animation toujours si grouillante et pittoresque à la tombée du jour, les larges avenues ont été bitumées, la circulation bien que dense reste fluide…

Par Mariette CLAVIERAS.
Photo: Mathias COULOMB.

CONSEIL PRATIQUE N°3

Il est déconseillé aux voyageurs étrangers de consommer l'eau dite "du robinet".
L'eau minérale locale, la "Lafi", s'imposera vite comme votre meilleure amie.
Vous la chérirez, la promènerez avec vous, dormirez avec elle, et n'hésiterez pas à en boire, même à température ambiante. Les buveurs de thé ne devraient pas se sentir trop dépaysé…
(la Brakina, bière locale, vendue uniquement en bouteilles de 66cl, ne peut en aucun cas être considérée comme un substitut).

Par Jérémie KAMINKA.